Le 6 avril 2018, Bruno Fert a donné une conférence chez SCAU.

" Regarder l'homme et sa demeure "

 

Étudiant à l’école nationale supérieure des Arts Déco dans les années 90, Bruno Fert compose une première série associant des portraits de moines dominicains à des photographies de leur cellule. La rencontre de ces visages et de leur austère intérieur annonce d’autres sujets que Bruno Fert aime explorer : l’identité et ses territoires.

Bruno Fert cherche à révéler des problématiques politiques ou sociales en nous les dévoilant sous un angle singulier. L’habitat, modeste refuge ou logement de fortune, revient souvent dans son travail : lorsque les premières tentes-igloo apparaissent dans Paris au cours de l’hiver 2006, il choisit de les photographier de nuit et de loin, évoquant ceux qui n’apparaissent pas à l’image mais dont on devine l’existence miséreuse.

La série « Les Absents », réalisée grâce au Fonds d’aide à la création photographique du Centre national des arts plastiques, évoque encore sans les montrer les réfugiés palestiniens: les images de ces maisons abandonnées nous racontent l’exode de cette population en 1948. Dans la série «Refuge», Prix de l’Académie des Beaux Arts, Bruno reprend le dispositif en diptyque qu’il avait déjà expérimenté étudiant mais cette fois pour raconter l’exil et la migration. Ces intérieurs de cabanes ou de tentes qu’il photographie dans les camps de refugiés en Europe nous racontent la vie et le parcours de leurs habitants.