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Archives de l'auteur : Luc Delamain
Petite poucette, la génération mutante
Philosophe et historien des sciences, Michel Serres réclame l’indulgence pour les jeunes, obligés de tout réinventer dans une société bouleversée par les nouvelles technologies.
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Fêter le soleil invaincu
La chronique mensuelle de Michel Onfray | N° 83 – Avril 2012
FETER LE SOLEIL INVAINCU -
Le christianisme a effectué un incroyable coupé-collé avec le fatras de toutes les religions qui le précèdent. J’aime tout particulièrement le recyclage des cultes solaires païens qui saturent la religion du Christ. Les premiers hommes savent lire le ciel, ils connaissent l’éternel retour des choses, le cycle du jour et de la nuit, mais aussi celui des saisons. Si les mots manquent pour dire ce qu’ils savent, ils ont compris le mécanisme des solstices et des équinoxes et ils célèbrent ces grands moments cosmiques.
Avec le christianisme, le retour de l’astre solaire lors du solstice d’hiver devient Noël. La fameuse bûche rappelle celle avec laquelle, jadis, on allumait un grand feu pour aider le soleil à reprendre sa course. En 130, le pape Thelesphore décide de fêter cet évènement le 6 janvier. Mais les païens continuent à célébrer le 25 décembre, la date du solstice dans le calendrier julien, qui correspond à la naissance de Mithra, le dieu du soleil invaincu… Faisant de nécessité vertu, l’Eglise renonce alors à la date de janvier et, au IV° siècle, elle opte pour le 25 décembre. Elle capte ainsi avantageusement la foule des fidèles pour son propre culte.
Pâques lui aussi obéit à une même logique solaire. De la même manière que la mort de la mort qu’est l’hiver coïncide avec la renaissance de la lumière assimilée au Christ, la mort de Jésus suivie de sa résurrection se trouve assimilée aux oeufs qui sont principe de vie, promesse de naissance, donc célébration de la force vitale qui contredit la mort. Bien avant la Pâques chrétienne, des oeufs d’argile se trouvent déjà dans des tombes en Egypte, chez les Phéniciens, les Grecs, les Romains et les Etrusques. Certaines statues de Dionysos présentent d’ailleurs le dieu grec avec un oeuf dans la main.
De même, le coq qui se trouve au sommet de nos clochers relève lui aussi du même recyclage de la religion païenne du soleil invaincu : il est l’animal qui accueille le lever de l’astre par un chant qui donne la bonne nouvelle à tout le monde. Cet oiseau de l’aube agit comme une boussole, c’est sur lui qu’on s’oriente, à partir de lui qu’on lit l’espace et décode le ciel.
On sait également que la construction des églises, il y a mille ans pour les premières en France, obéissait à ce culte du soleil. L’orientation de l’édifice s’effectue en regard de la position zénithale du soleil le jour de la fête du saint auquel est consacré le temple. L’endroit même est souvent un ancien lieu de culte païen qui procédait déjà de l’observation cosmologique.
Lorsque le jour du solstice d’été, le rayon vert de la cathédrale de Chartres frappe le visage du christ à midi, l’église prétend qu’il n’y a là que superstition, coïncidence. Comme si le trou pratiqué sciemment par un homme dans le vitrail vert qui permet à ce jour, à cette heure, de faire passer la lumière solaire et de la diriger sur le visage du Christ était un produit du hasard !
L’Eglise sait bien qu’elle n’est jamais que la forme culturelle, donc périssable, prise par un culte païen aussi vieux que les hommes. L’accepter, ce serait pour elle dire que la religion chrétienne n’est que la formule historique et politique d’une sagesse millénaire et non la vérité révélée éternelle. Cette sagesse durera et sa formule historique périra. Est-ce ce que l’Eglise cherche à cacher ? Tant de naïveté fait sourire…
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2filles2villes
Une très belle correspondance entre deux regards éloignés qui se retrouvent dans ce besoin de présence au monde
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